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Le terme « Doula » provient de la Grèce antique. À l’époque, ce terme désignait « la femme esclave ». Loin d’être glorieux au sens premier du terme, ce titre n’en était pas moins légitime. En effet, le rôle des femmes Doula était de servir. Elles s’occupaient des tâches domestiques de la maison, mais aussi des soins prodigués à la mère en train de donner la vie. Le mythe de Galanthis la Doula dans la mythologie grecque vient d’ailleurs redorer l’image de ces domestiques.
 
Au fur et à mesure des époques, le rôle de ces servantes se réinvente. Par exemple, au Moyen-Âge, ces femmes étaient davantage vues comme des accompagnantes. Elles se faisaient appeler les « God siblings » ou « Godsibs » et assistaient la mère pendant son accouchement auprès de la sage- femme. Elles faisaient partie du cercle féminin et entouraient la future mère qui donnait naissance. Leurs missions consistaient à s’occuper de la chambre, à préparer à manger, à prendre soin de la mère au travers de soins spécifiques, de massages et d’attentions, etc.
 
En France aussi dans les années 50, la Doula ou plutôt la « femme qui aide » œuvrait au côté des femmes enceintes pour donner la vie. On faisait appel à elle pour leur expérience de la maternité. Elles soutenaient la mère dans l’accouchement, s’occupaient de la couche et pouvait donner le premier bain au nourrisson.

Ce n’est qu’en 1973 que le terme « Doula » est utilisé pour la première fois dans un livre intitulé « the Tender Gift ». En référence à l’histoire de ces servantes, la Doula désigne toutes ces mères expérimentées qui accompagnent et soutiennent psychologiquement et physiquement la future maman dans son travail et en post-partum.  
 


 

 
Aujourd’hui, la vocation de Doula tend à se démocratiser, même si cette profession peine encore à se faire une place. Rappelons-le, ce n’est qu’en 2001 que le terme Doula est officiellement adopté au Royaume-Uni, et ce n’est qu’en 2006 que la première association française « L’association Doulas de France » voit le jour. En 2011, le dictionnaire Hachette reconnait officiellement le nom féminin Doula comme étant « une femme qui accompagne une femme enceinte pendant sa grossesse et après son accouchement ». Voyons ensemble comment cette profession évolue aujourd’hui et quels sont les services que peut proposer une Doula au couple.

La cadre légale du métier d’accompagnatrice à la naissance

Le métier de Doula n’est pas un métier reconnu à ce jour. Autrement dit, n’importe qui peut devenir accompagnatrice à la naissance, et ce, sans formation. C’est le désavantage de cette profession encore « nouvelle », mais qui historiquement a fait ses preuves. Mais en tant que parents, vous pouvez naturellement interroger la doula sur son parcours et ses formations avant de l’engager. Toutefois, afin de faire reconnaître cette activité comme une profession sérieuse, l’association Doulas de France invite toutes les personnes désireuses d’en faire leur activité à se former. Par ailleurs, elle a aussi réalisé une charte d’activité de manière à offrir un cadre sécurisant et légal pour les parents, mais aussi pour les Doulas.
 
Cette charte s’appuie sur les articles de la législation française issus du Code pénal et du Code de la Santé publique. Elle a été conçue et votée à l’unanimité par un collectif de Doulas. Il en ressort des principes fondateurs qui engagent les pratiquantes dans leur exercice. Font partie de ces points fondamentaux :
  • l’intégration de pratiques thérapeutiques ;
  • des conseils d’ordre médical pendant les accompagnements ;
  • l’assistance pendant le travail et avant le départ à la maternité :
  • la présence au domicile des parents avant l’arrivée de la sage-femme ou du médecin pour un accouchement à domicile ;
  • la présence lors d’un accouchement non assisté.
Ses rôles dans l’accompagnement à la naissance de la femme enceinte

Si l'on devait résumer le rôle d'une accompagnatrice à la naissance, on pourrait dire qu'elle écoute, conseille et guide les futurs parents vers une maternité qui leur ressemble. Son accompagnement se traduit par de l'écoute, des échanges, un soutien émotionnel, une présence rassurante et des conseils pratiques. En revanche, il ne s'agit pas d'un accompagnement médical : une doula ne remplace ni une sage-femme ni un gynécologue. Elle intervient en complément du corps médical afin d'accompagner la future mère et son conjoint tout au long de la périnatalité. Son accompagnement s'articule autour de trois grandes étapes :
  • Pendant la grossesse, elle répond aux interrogations des futurs parents, les aide à construire un projet de naissance en accord avec leurs souhaits, les informe sur les différentes possibilités d'accouchement et propose des exercices de respiration ou de relaxation pour préparer la naissance.
     
  • Pendant l'accouchement, elle apporte une présence physique et émotionnelle afin de soutenir la mère et son partenaire tout au long du travail.
     
  • Après la naissance, elle accompagne les jeunes parents dans cette période de transition en les conseillant sur l'allaitement, les besoins du bébé, les soins, le sommeil ou encore l'organisation du quotidien afin de faciliter le retour à la maison.

 
Pour bénéficier d’un suivi personnalisé

Lorsqu’une Doula s’occupe de vous, son temps n’est pas compté. Et c’est bien là l’un des avantages précieux avec ce type d’accompagnant. Contrairement à une sage-femme ou un gynécologue qui va effectuer des séances cadrées en cabinet, la Doula, elle, peut aménager son temps de manière à être disponible selon vos besoins. Cela se traduit par des visites à domicile en fonction de vos disponibilités ou dans un local professionnel dédié, par un contact régulier par téléphone ou e-mail, par un cadre chaleureux et décontracté. Toutes les conditions sont réunies pour que vous soyez à l’aise et en confiance, et ce, pendant toute la période de la périnatalité (de la grossesse à l’accueil du nourrisson).
 
Pour faciliter son accouchement

En 2011, la Cochrane Library étudiait le rapport entre un soutien de proximité pendant le travail d’une femme enceinte et les retombées positives sur l’état de santé prénatale. De cette étude sur un panel de 15 000 femmes, il en ressort qu’un suivi personnalisé et de confiance auprès de la mère améliore les conditions de travail et facilite un accouchement naturel par voie basse. L’étude est même allée plus loin en présentant plusieurs points sur lesquels l’accompagnement à la naissance aurait des retombées positives :
  • le taux d’anesthésie est réduit ;
  • la prise d’antalgiques et de calmants est moins fréquente ;
  • les complications sont amoindries ;
  • l’extraction instrumentale (ventouse, forceps) est plus faible ;
  • les naissances par césarienne sont plus rares ;
  • l’expérience de l’accouchement est plus satisfaisante ;
  • les nouveau-nés prennent plus facilement le sein ... 
Pour aborder la maternité autrement

Engager une Doula, c’est aussi se laisser aller à une vision de la maternité à laquelle vous n’auriez pas pensé. Il est vrai qu’entre la projection que l’on se fait d’avoir un enfant et la réalité, nos croyances et attentes peuvent être mises à mal. La Doula est là pour vous informer en continu sur les choix dont vous disposez.
 
Pour cela, elle crée un lien de confiance pour apprendre à mieux vous connaître et à échanger avec vous sur vos désirs et votre vision de la parentalité. Elle vous éclaire sur les voies alternatives comme l’accouchement à domicile, dans une piscine de naissance ou en salle nature si tel est votre désir et si votre état de santé le permet. Son expérience et sa formation lui permettent également d’avoir un regard élargi sur la maternité.
 
Une fois que bébé est né, la Doula peut vous partager des techniques de relaxation pour calmer le nourrisson, des soins à effectuer, des intervenants à aller consulter, etc. Enfin, elle vous informe sur vos droits pour qu’en tant que parents, vous puissiez assumer pleinement votre projet de naissance.
 

 
1. Le choix de sa Doula

Étant donné que le choix d’une accompagnatrice à la naissance repose sur la volonté du couple, il est de leur ressort d’effectuer les démarches pour choisir leur intervenante. Il est donc question de s’assurer du sérieux du prestataire. Pour ça, vous pouvez vous tourner vers les Doulas référentes à l’Association Doulas de France. Les professionnelles de la parentalité qui y sont référencées ont toutes suivi une formation et ont signé la charte déontologique. C’est un gage de qualité et de sérieux vis-à-vis des parents.
 
Cette association est une référence parmi tant d’autres. Il existe des doulas diplômées par d’autres écoles de formation. Elles sont tout à fait professionnelles et sérieuses et ne sont pas pour autant adhérentes à l’association des Doulas de France. On pense notamment à l’AFMAN (Association Française des Métiers de l’Accompagnement à la Naissance), l’école Doula Des Lunes ou encore École Doula.
 
Une fois la prise de contact établie, n’hésitez pas à poser des questions, car la communication, c’est l’un des principes clés d’une relation doula-parents. En résumé pour exercer le métier de doula il existe beaucoup de formations différentes, des plus ancrées aux plus ésotériques, de quoi satisfaire tous les parents.
 
2. Le coût

Une Doula est indépendante du système médical. Autrement dit, une prestation de suivi d’accompagnement à la naissance n’est pas prise en charge par la sécurité sociale. C’est aux parents de financer les services de leur accompagnatrice qui peuvent être réalisés au moyen de chèques CESU (chèque emploi service universel). Certains incluent cette prestation dans leur liste de naissance. C’est une manière pour les proches de participer à ce projet.
 
Pour ce qui est du coût, la Doula pratique elle-même ses tarifs. Comptez entre 40 et 70 euros par rencontre pour 5 à 10 séances réparties sur l’ensemble de la période de la maternité (grossesse au post-partum). Si vous souhaitez qu’elle soit présente pendant votre accouchement, il faudra compter entre 200 et 400 euros supplémentaires. Le budget pour employer une Doula varie donc entre 200 et 1100 euros.
 
Alors, l’accompagnement à la naissance avec une Doula : une bonne ou une mauvaise idée ? Vous l’aurez compris, il n’y a pas de bonne réponse. Faire appel à une accompagnatrice à la naissance est avant tout un choix personnel qui doit être réfléchi. Il est tout de même bon de noter que ce soutien présente des avantages comme la confiance, le droit à l’information, l’accès à des pratiques bénéfiques pour la maman ou le bébé, un accouchement facilité, etc. À l’inverse, ce qui peut ternir l’image de la Doula, c’est le manque de reconnaissance de cette profession et de cette vocation de manière générale ainsi que le coût.

 

Le conseil de Maman Naturelle

Une doula ne remplace jamais votre sage-femme ou votre gynécologue. Son rôle est de vous apporter un soutien complémentaire, émotionnel et pratique, avant, pendant (si vous le souhaitez) et après la naissance. Avant de faire votre choix, prenez le temps d'échanger avec plusieurs professionnelles afin de trouver celle avec laquelle vous vous sentez en confiance.

 

Mis à jour le mercredi 02 septembre 2026.